Uber vise plus de 2 000 robotaxis fin 2027, contre 700 attendus cette année
Uber a publié le 4 novembre 2026 des résultats contrastés : revenus au-dessus des attentes, mobilité en retrait. Le groupe fixe un cap de plus de 2 000 véhicules sans conducteur fin 2027. Aucune source ne mentionne Waymo.
Uber a dévoilé le 4 novembre 2026 ses résultats du troisième trimestre : un chiffre d'affaires de 14,77 milliards de dollars, légèrement supérieur aux 14,69 milliards attendus par les analystes, selon CNBC. Mais ses deux métiers principaux, la mobilité et la livraison, sont restés sous les prévisions. Le groupe y associe un objectif en matière de véhicules autonomes.
Une précision sur le sujet annoncé : les documents consultés ne disent rien de Waymo, ni d'une fin d'exclusivité à Austin et Atlanta en 2028. Cet élément n'a donc pas pu être vérifié ici. On peut en revanche détailler la stratégie autonome qu'Uber a exposée le même jour.
Des revenus en hausse, une mobilité en retrait
Les revenus progressent de 10 % sur un an. Selon Quartz, qui s'appuie sur Reuters, c'est la croissance la plus lente depuis le premier trimestre 2021, après +14 % au premier trimestre 2026 et +12 % au deuxième.
Les réservations brutes (la valeur totale des courses, commandes et services de fret) atteignent 59,8 milliards de dollars, en hausse de 20 %, soit un cinquième trimestre consécutif au-dessus de 20 % de croissance, d'après le communiqué d'Uber. Le nombre de trajets et de commandes grimpe de 16 %, à 4,1 milliards.
La mobilité, c'est-à-dire le VTC, voit toutefois son chiffre d'affaires reculer de 2 %, à 7,52 milliards de dollars, contre 7,71 milliards attendus. La livraison gagne 23 % (5,49 milliards). Le fret bondit de 34 % à 1,76 milliard et explique l'écart positif sur le total.
Une part de ce recul tient à la comptabilité. Selon Unite.AI, un changement de modèle au Royaume-Uni a déplacé les coûts de paiement des chauffeurs vers une déduction du chiffre d'affaires. L'effet est d'environ 1,1 milliard de dollars, soit huit points de croissance en moins, sans incidence sur l'économie réelle. Le communiqué d'Uber évoque lui aussi un impact de huit points.
Le résultat net s'établit à 512 millions de dollars, contre 6,6 milliards un an plus tôt, une période qui incluait un avantage fiscal de 4,9 milliards. Le trimestre intègre aussi une perte avant impôt de 476 millions liée à la réévaluation de participations. Le bénéfice par action ajusté progresse de 35 %, à 0,88 dollar. Le bénéfice par action selon les normes comptables américaines (GAAP) est de 0,25 dollar, alors que le consensus d'analystes compilé par LSEG, cité par CNBC, tablait sur 96 cents.
Pénurie de chauffeurs à l'international
Le patron Dara Khosrowshahi a expliqué la faiblesse de la mobilité par des facteurs d'offre : « Les prix élevés du carburant et la moindre disponibilité des chauffeurs ont pesé sur la croissance de l'offre dans plusieurs marchés internationaux » (traduction), a-t-il indiqué dans ses remarques préparées, rapportées par CNBC.
Selon Unite.AI, Uber identifie un déficit d'offre en Inde, au Brésil et au Canada. Quartz ajoute, d'après Reuters, que le durcissement des flux migratoires pénalise le Canada. Le conflit au Moyen-Orient a retiré 75 points de base à la croissance des réservations de mobilité, et Uber prévoit une réduction de 100 points de base pour le dernier trimestre. L'entreprise investit dans le recrutement, la fidélisation et le retour des chauffeurs, et dit avoir vu l'activité s'améliorer en octobre.
Pour le quatrième trimestre, Uber table sur 63,25 à 65,25 milliards de dollars de réservations brutes, soit 18 % à 22 % de croissance à taux de change constants, et sur un bénéfice par action ajusté de 0,95 à 0,99 dollar.
Robotaxis : 700 véhicules cette année, plus de 2 000 en 2027
Le groupe attend environ 700 véhicules entièrement autonomes sur sa plateforme d'ici fin 2026, puis plus de 2 000 fin 2027, répartis à parts égales entre les États-Unis et l'international. « Notre priorité en matière d'autonomie est désormais l'exécution commerciale », résume Dara Khosrowshahi, PDG d'Uber, dans le communiqué (traduction).
Le calendrier détaillé par Unite.AI est le suivant :
- Zoox, filiale d'Amazon, doit arriver sur Uber à Las Vegas fin novembre 2026, suivie de Motional passant à la conduite sans conducteur. Ce serait la première ville américaine proposant deux partenaires sans conducteur dans l'application.
- Des tests sans conducteur avec Nuro et Lucid sont prévus au quatrième trimestre 2026, avant un lancement commercial dans la Bay Area au premier trimestre 2027. Houston et d'autres villes doivent suivre.
- À l'international, WeRide, Baidu et Pony.ai opèrent déjà sans conducteur. Wayve a lancé des courses supervisées à Londres, et les Émirats arabes unis devraient compter près de 200 voitures sans conducteur fin 2026.
Uber veut garder sa plateforme ouverte, mais concentrer capitaux et moyens d'intégration sur un nombre restreint de partenaires jugés capables de passer à l'échelle. Il affirme que ses partenaires américains réalisent environ 30 % de trajets de plus par véhicule et par jour que les déploiements en propre. Il évoque aussi des structures de financement pour faire entrer des capitaux tiers dans les flottes.
Le directeur financier, Balaji Krishnamurthy, promet de rester « discipliné dans l'allocation du capital » (traduction), avec un seuil d'exigence élevé pour les investissements dans le cœur de métier et l'autonomie, dans le même communiqué. Selon Unite.AI, la direction n'attend guère d'acquisitions d'ici fin 2027, hors investissements dans l'autonomie. Une montée en charge plus marquée est prévue en 2028.