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Texas : Hinojosa promet un moratoire sur les datacenters, Musk plaisante sur l'orbite

Les démocrates ont gagné le Congrès et le Texas, État qui concentre plus d'un quart des capacités de datacenters prévues aux États-Unis. Gina Hinojosa promet un moratoire ; Elon Musk répond par une plaisanterie sur l'orbite.

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Les élections de mi-mandat du 3 novembre 2026 ont tourné à la victoire démocrate, et le résultat le plus lourd pour l'industrie de l'IA vient du Texas. Selon CNBC, Gina Hinojosa, qui défend un moratoire sur les datacenters, est donnée gagnante face au gouverneur républicain sortant Greg Abbott. D'après Wells Fargo, l'État abrite 27 % des gigawatts de datacenters prévus aux États-Unis.

Un moratoire annoncé, sans calendrier

Hinojosa a fait des datacenters un thème central de sa campagne, aux côtés des écoles et du coût de la vie. Elle promet des règles plus strictes sur l'eau et l'électricité, la fin des avantages fiscaux et un arrêt des chantiers. « Nous avons besoin d'un moratoire sur les datacenters jusqu'à ce que la législature puisse se réunir pour instaurer de vraies protections », a-t-elle déclaré en août (Implicator.ai, traduction). Quelques heures après le vote, aucune modalité n'avait été publiée.

Le terrain était déjà miné. Abbott a ordonné le 3 août un gel du traitement des demandes de raccordement au réseau, pour audit, puis, le 21 septembre, une suspension des permis par la commission environnementale TCEQ. Les effets réels de cette mesure restent disputés. L'association Public Citizen recense au moins six permis d'eaux pluviales liés à des datacenters approuvés après la directive. Le porte-parole d'Abbott, Andrew Mahaleris, répond qu'« aucun permis n'a été approuvé », tandis que la TCEQ affirme que ces permis ont été suspendus. Les deux versions n'avaient pas été conciliées avant le scrutin.

Le gestionnaire du réseau ERCOT vise le 10 décembre pour son rapport d'audit, qui ne rouvrirait pas automatiquement les permis. La session législative texane court du 12 janvier au 31 mai.

Combien de capacités sont réellement menacées ?

Les estimations divergent. Le gérant Brad Gerstner (Altimeter Capital) juge que 10 à 15 GW prévus pour 2027 pourraient ne pas arriver. Le consensus, fondé sur SemiAnalysis, table sur 43 GW mis en service en 2027, alors que le parc américain cumulé serait d'environ 38 GW fin 2026. « Je pense que nous pouvons voir 10 à 15 GW de la construction attendue ne pas se concrétiser », dit-il (Wccftech, traduction).

Implicator.ai nuance ce tableau. Environ les trois quarts des 33,8 GW attendus en 2027 dans les vingt premiers États suivis par SemiAnalysis étaient déjà en chantier, donc plus difficiles à arrêter. Le risque principal se situe plus loin : le Texas pèse près de 30 % des ajouts de capacité prévus pour 2028 dans ce modèle, et SemiAnalysis voit dans un gel prolongé de la TCEQ le plus grand danger pour ses prévisions. Un gel courant jusqu'à la fin de la session législative durerait environ huit mois depuis septembre, voire près d'un an si l'on attend de nouvelles règles.

Le Texas n'est pas seul. Selon CNBC, les démocrates ont aussi gagné ou conservé les gouvernorats de Géorgie (7 % des gigawatts prévus), de Pennsylvanie et de l'Ohio (5 % chacun).

Marchés : une réaction modérée

Avant l'ouverture, CoreWeave perdait 2,6 % et Iren 2,8 %, Oracle 1,3 %, d'après CNBC, tandis que Nvidia, Alphabet, Meta, Amazon et Microsoft gagnaient 1 à 2 %. Les contrats à terme du Nasdaq-100 étaient stables. Implicator.ai relève des baisses plus marquées durant la nuit sur Robinhood, avec environ 7 % pour CoreWeave. Les chiffres varient selon la source et le moment.

« Si [Abbott] perdait le Texas, je pense que ce terrain fertile serait largement stérile », avait prévenu Scott Ladner, directeur des investissements de Horizon Investments (CNBC, traduction). Implicator.ai tempère toutefois : environ la moitié des électeurs citaient la corruption et le coût de la vie comme enjeux décisifs, devant les datacenters.

Musk, grand perdant, et l'orbite

Elon Musk a beaucoup misé. Selon CNBC, il a dépensé 224 millions de dollars au Texas, où le candidat républicain au Sénat Ken Paxton a perdu face à James Talarico. Implicator.ai chiffre ses dons à 445,6 millions de dollars jusqu'au 14 octobre, d'autres décomptes allant à 474 millions. SpaceX et Tesla reculaient d'environ 4 % avant l'ouverture.

Dans la nuit, il a posté sur X : « Les datacenters dans l'espace, ça paraît plutôt séduisant en ce moment » (traduction), après une plaisanterie sur ses « lasers spatiaux d'ingérence électorale » censés ne pas avoir fonctionné. Il n'a nommé ni le Texas ni Hinojosa : relier son message sur les datacenters au Texas est une lecture, précise Implicator.ai.

L'idée précède le scrutin. SpaceX a demandé le 30 janvier à la FCC l'autorisation de déployer jusqu'à un million de satellites servant de datacenters, puis a racheté xAI le 2 février. L'entreprise évoque un début de déploiement dès fin 2027. SemiAnalysis estime pourtant l'orbite à plus de quatre fois le coût du sol en 2026, avec une parité vers 2040 ; Musk prévoit que le déploiement orbital mensuel dépassera le terrestre vers fin 2028.

Reste à connaître les termes exacts du moratoire de Hinojosa : aucun texte n'avait été publié au lendemain du vote.

Sources

datacenters Texas intelligence artificielle Elon Musk élections américaines