Pékin bloque le rachat de la robotique d'ABB par SoftBank, que le groupe croyait acquis
Le régulateur chinois s'oppose à l'acquisition à 5,4 milliards de dollars de la robotique d'ABB par SoftBank. Un revers pour Masayoshi Son, qui fait de la robotique un pilier de sa stratégie d'IA.
La Chine a signifié à SoftBank qu'elle n'autoriserait pas le rachat de la division robotique du groupe suisse ABB, pour 5,4 milliards de dollars. Le groupe suisse a confirmé l'information le jeudi 5 novembre, selon Reuters. C'est le second grand dossier bloqué par Pékin en 2026, après l'ordre donné à Meta de défaire son acquisition de la start-up d'IA Manus, pour plus de 2 milliards de dollars.
Un refus venu du planificateur d'État
C'est la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) qui a opposé ce veto. Elle examine les investissements étrangers susceptibles d'avoir des implications de sécurité nationale. Le Financial Times a révélé l'affaire le premier, d'après plusieurs sources proches du dossier, relaie Investing.com. SoftBank pensait la transaction acquise jusqu'à ce qu'on l'informe de l'interdiction, la semaine précédente.
Selon le FT, cité par The Straits Times, la NDRC craignait que des données de robotique soient transférées à l'étranger et servent à entraîner des modèles d'IA, dont ceux d'OpenAI, où SoftBank est un investisseur majeur. Le contexte diplomatique pèse aussi : Pékin et Tokyo sont en conflit depuis les propos de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi sur Taïwan en novembre 2025. La Chine a depuis fortement restreint ses exportations de minéraux critiques vers le Japon. Les sources ne disent pas si ce différend a joué dans la décision.
Un marché clé pour ABB
La Chine est le premier marché de la robotique d'ABB, avec environ 30 % de son activité liée aux robots. Le groupe y compte une trentaine de sociétés locales et environ 15 000 salariés. Son siège mondial de la robotique est à Shanghai. L'action ABB reculait de 1,1 % en matinée.
Pour SoftBank, le coup est rude. Masayoshi Son présente la robotique comme un élément central de sa stratégie d'IA, et le veto freine ses ambitions dans l'« IA physique ». Le titre a fini la séance en baisse de 6,8 % selon The Straits Times. Investing.com, qui donne des chiffres de clôture différents (près de 3 %, puis 5 %), attribue aussi ce recul à la chute d'Arm et à la vente de valeurs technologiques après la victoire des démocrates aux élections de mi-mandat américaines. L'affaire intervient moins d'une semaine après le retrait par OPay, soutenue par SoftBank, de son introduction en Bourse aux États-Unis, motivé par une enquête réglementaire d'une juridiction non précisée.
Et maintenant ?
SoftBank, qui a refusé de commenter, cherche à comprendre ce qui a échoué et à savoir s'il peut redéposer une demande, selon le FT. La NDRC n'avait pas répondu aux sollicitations. ABB indique de son côté être en dialogue étroit avec SoftBank et travailler sur la transaction.