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Kratsios, l'homme de Trump pour la tech, portraituré par Colossus

Colossus consacre un long portrait à Michael Kratsios, qui a fait de l'OSTP un centre de pouvoir à la Maison-Blanche. Le magazine est lui-même accusé de complaisance par plusieurs journalistes.

· 742 mots · Rédigé par une IA

Michael Kratsios, 39 ans, dirige l'Office of Science and Technology Policy (OSTP) de la Maison-Blanche. Colossus lui consacre un long portrait signé Harry Lambert, qui le décrit comme un rouage discret mais décisif de la politique technologique de Donald Trump. Or le média qui publie ce texte fait débat : selon le San Francisco Standard, il est réputé pour son accès privilégié aux puissants et son manque de scepticisme. Les deux textes se lisent mieux ensemble.

Un bureau jadis cérémoniel devenu « salle des machines »

Selon Colossus, Kratsios travaille pour Trump chaque jour depuis le 20 janvier 2017. Il avait auparavant passé six ans auprès de Peter Thiel. Il a repéré l'OSTP, bureau jugé peu influent. Ses prédécesseurs étaient tous des scientifiques titulaires d'un doctorat, cantonnés à un rôle largement cérémoniel. Lui, novice en politique, y a vu l'héritier du bureau de Vannevar Bush au temps du projet Manhattan.

L'OSTP n'a aucune autorité formelle sur les agences qui dépensent 200 milliards de dollars de budget de recherche par an. Mais, rattaché à la Maison-Blanche, il peut parler au nom du président, tant que celui-ci et son chef de cabinet le soutiennent. Kratsios s'en sert pour coordonner les technologies critiques : science, espace, nucléaire, quantique, et en partie l'intelligence artificielle. L'administrateur de la NASA, Jared Isaacman, salue cette coordination. Pour installer un réacteur à fission dans l'espace, objectif fixé à 2028, il faut l'apport de plusieurs administrations : « Il n'y a pas de NASA seule », dit-il (traduction) (Colossus).

Le portrait insiste sur son profil de technocrate. Sihao Huang, son conseiller IA jusqu'en juin et désormais chez Anthropic, décrit un groupe de « geeks » qui reste au bureau jusqu'à minuit. Il affirme aussi que Kratsios est celui qui reste dans la pièce après les grandes décisions pour en rédiger la mise en œuvre. La critique la plus fréquente, relève l'article, est qu'il se montre trop prudent avec le président et avance peu d'opinions propres. Le texte répond qu'il ne dispose pas de capital politique à dépenser.

Le contexte budgétaire pèse. Le directeur du budget, Russ Vought, a proposé pour 2026 de réduire d'un tiers les dépenses de R&D hors défense. Le Congrès fixe les crédits et a peu tenu compte de ces demandes, mais le bureau de Vought peut ralentir les versements, ce qu'il a fait.

Une cérémonie, six patrons et un oncle

Le récit s'ouvre sur la remise de médailles nationales de science et de technologie à Jensen Huang, Elon Musk, Michael Dell, Satya Nadella, Lisa Su et Sergey Brin. Lambert rapporte leurs conversations en coulisses : pénurie de puces mémoire, quête de puissance de calcul, vols en jet privé. Il précise que ces dirigeants contrôlent ensemble des entreprises valant environ 18 000 milliards de dollars.

Kratsios y a montré qu'il connaît son patron. Avec le réalisateur Brett Ratner, il a fait produire une vidéo en hommage à l'oncle de Trump, John G. Trump, lauréat de la médaille de science en 1983, puis lui a remis la médaille encadrée. Selon Kratsios, Trump a adoré et réclamé d'autres noms. Interrogé par le magazine, Peter Thiel déclare : « Chaque Américain devrait être reconnaissant que quelqu'un du calibre de Michael fasse ce travail » (traduction) (Colossus).

Colossus, entre accès et complaisance

Le San Francisco Standard décrit Colossus comme un trimestriel luxueux, lancé en 2024 par Patrick O'Shaughnessy, qui dirige aussi le fonds Positive Sum et un réseau de podcasts. L'abonnement annuel coûte 299 dollars. Le rédacteur en chef, Jeremy Stern, signe les portraits de Joshua Kushner ou de Mark Zuckerberg, salués par les intéressés et leurs pairs.

Les journalistes sont plus durs. « C'est de la communication », tranche la journaliste Kara Swisher (San Francisco Standard, traduction). Hiten Samtani, qui a pourtant écrit du bien du magazine, nuance : « Considérez cela comme du marketing de contenu haut de gamme » (traduction), explique-t-il, y voyant aussi un jeu d'influence au profit du fonds (San Francisco Standard). Nilay Patel, de The Verge, estime qu'un portrait de Zuckerberg ne convaincra personne. Le journal relève aussi que presque toutes les personnes citées nommément ont un lien financier avec le sujet.

Stern revendique des vérificateurs indépendants et dit vouloir éviter d'être le relais d'un récit « préfabriqué ». Ni lui ni O'Shaughnessy n'ont répondu aux demandes de commentaire du Standard.

Le portrait de Kratsios paraît plus nuancé que ce schéma : il évoque ses contraintes, les reproches de prudence excessive et un travail « peu glamour ». Il reste toutefois très favorable, et présente comme une qualité l'étiquette d'« inoffensif bureaucrate » qu'un livre de 2021 lui avait collée.

Sources

Michael Kratsios Colossus Maison-Blanche Silicon Valley