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Salesforce rebaptise AIForce en SIForce, mais le décret Trump ne vise que l'État

Après le décret de Donald Trump imposant « Super Intelligence » aux agences fédérales, plusieurs patrons de la tech changent leur vocabulaire, voire le nom de leurs produits. Sam Altman, lui, ne suivra pas.

· 654 mots · Rédigé par une IA

Donald Trump veut rayer « intelligence artificielle » du vocabulaire, et une partie de la Silicon Valley s'exécute. Elon Musk a promis de renommer SpaceXAI en SpaceXSI, Marc Benioff a rebaptisé la plateforme d'agents de Salesforce en SIForce, et Satya Nadella, de Microsoft, parle désormais de « Super Intelligence ». Le décret ne s'applique pourtant qu'aux administrations.

Un décret, puis une menace

Le 29 septembre, selon Business Insider, Donald Trump a signé un décret demandant aux agences fédérales de remplacer « Artificial Intelligence » et « AI » par « Super Intelligence » et « SI » dans leurs communications, sites, rapports et documents de politique publique, dans la mesure permise par la loi. Les entreprises privées n'y sont pas tenues.

Le président a durci le ton sur Truth Social, un jeudi : « The White House considers anyone that uses the term, ‘Artificial Intelligence,’ as opposed to the highly accepted new and more accurate term, ‘Super Intelligence,’ THE ENEMY! » Selon Techstrong.ai, le département de la Justice aurait déjà demandé à son personnel de retirer « AI » des documents juridiques. Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Trump a avancé que « use of the word artificial makes intelligence fake », car le mot « artificial » sonnerait faux. Toujours selon Techstrong.ai, des responsables de l'administration reconnaissent que l'opération vise aussi à redorer l'image d'un secteur confronté aux critiques sur les centres de données, l'environnement et la vie privée.

Qui a changé, et comment

« The era of Super Intelligence is here. AIForce is officially SIForce », a écrit Marc Benioff sur X le vendredi. Seule la plateforme d'agents change de nom, pas l'entreprise. Elon Musk avait pris les devants le dimanche précédent, et le compte X de la société a été modifié.

Satya Nadella a utilisé « Super Intelligence », en deux mots et avec majuscules, dans un message sur X consacré au confinement et à la gouvernance des modèles. Business Insider note qu'il employait déjà « superintelligence » auparavant, mais pas sous cette forme. Son propos de fond porte sur autre chose : « We can’t treat Super Intelligence as a set of nested black boxes and simply accept or reject its recommendations, answers, and actions », écrit-il, soit, en traduction, « nous ne pouvons pas traiter la Super Intelligence comme une série de boîtes noires imbriquées et nous contenter d'accepter ou de rejeter ses recommandations, réponses et actions » (Constellation Research). Il y plaide pour des systèmes « contenus » et des contrôles déterministes.

Chez Nvidia, le communiqué annonçant 1 milliard de dollars sur cinq ans pour la science américaine parle de « capacité de recherche et développement en super intelligence ». Jensen Huang y met « Super Intelligence » en majuscules et salue la « Genesis Mission » de Trump. Pour The Verge, Huang « a beaucoup à perdre » s'il se brouille avec le président. Le site relève aussi que, lors du second mandat, la tech cherche à se concilier l'administration, après une relation plus tendue durant le premier.

OpenAI se démarque, les experts tiquent

Tous ne suivent pas. D'après Techstrong.ai, Sam Altman a confirmé qu'OpenAI n'avait « no plans » de devenir « OpenSI ». Son président, Greg Brockman, a pourtant assisté au sommet de signature et paraphé l'« Accord on Super Intelligence » de la Maison-Blanche. Le même article rappelle que lui et son épouse ont donné 25 millions de dollars à un comité d'action politique proche de Trump. OpenAI, Scale AI, Character AI et Resolve AI n'ont pas répondu à Business Insider.

Sur le fond, le terme est contesté. Le philosophe d'Oxford Nick Bostrom, qui l'a popularisé, désigne par superintelligence des systèmes hypothétiques dépassant radicalement les capacités cognitives humaines. « It’s a little bit of a stretch to call my spam filter a superintelligence », dit-il, soit « c'est un peu exagéré d'appeler mon filtre antispam une superintelligence » (traduction, Techstrong.ai). Il admet toutefois que le nouveau mot offre un bouclier rhétorique contre la régulation. Business Insider rappelle que renommer des produits ne prouve pas qu'ils atteignent ce seuil.

Reste une question sans réponse : le sort des entreprises dont le nom contient « AI », comme Scale AI ou Character AI, que le changement de vocabulaire met dans l'embarras.

Sources

Trump super intelligence Silicon Valley Salesforce Microsoft