Google dit qu'Argon bat GPT-6 Astra et Claude, mais les tests viennent surtout de Google
Google déploie Gemini 4 Argon, son premier grand modèle depuis Gemini 3. Tarif d'appel agressif, accès réservé aux abonnés payants et résultats surtout issus de ses propres tests.
Google a lancé Gemini 4 Argon, son premier modèle de pointe depuis Gemini 3, sorti fin 2025. Il est disponible dans l'API Gemini, dans l'application Gemini, dans le mode IA de la recherche et dans Antigravity, sa plateforme de développement agentique. L'accès est toutefois limité aux offres payantes, et la plupart des performances avancées sont celles que Google a mesurées lui-même.
Qui y a accès
Selon le billet de Google, le modèle est disponible dans le monde entier pour les développeurs et les entreprises via l'API, pour les abonnés Ultra dans Antigravity, et pour les abonnés Ultra et Pro dans l'application Gemini et le mode IA de la recherche. The Verge souligne qu'on ignore si, ou quand, les abonnés Plus et les utilisateurs gratuits en profiteront. SiliconANGLE précise que, d'après la page des offres de Google, le déploiement auprès des abonnés Pro n'est pas terminé. L'abonnement Pro coûte 19,99 dollars par mois aux États-Unis, et les offres Ultra démarrent à 99,99 dollars.
Dans l'application, un mode « tâches » permet à Gemini de poursuivre un travail en l'absence de l'utilisateur. Plus de 40 applications sont connectées, dont Instacart et OpenTable. Ce mode est limité à certains pays. L'interface de codage d'Antigravity tourne aussi directement dans l'application macOS, sans mention d'une version Windows.
Argon a d'abord été confié à des défenseurs en cybersécurité de confiance. Google élargit désormais cet accès à des centaines de partenaires du programme Fairwind, qui peuvent aussi demander une version sans garde-fous cyber.
Un prix d'appel agressif
Le tarif d'introduction est de 2 dollars par million de tokens en entrée et 10 dollars en sortie. D'après The Verge, c'est environ un cinquième du prix de GPT-6 Astra d'OpenAI et des modèles Fable 5 d'Anthropic. SiliconANGLE indique que ces tarifs tiennent jusqu'au 30 novembre, puis passent à 4 et 20 dollars. The Verge nuance : même doublé, Argon resterait nettement moins cher par token, mais le coût réel dépend du nombre de tokens consommés par chaque modèle pour une même tâche.
L'API offre une fenêtre unifiée entrée-sortie de 1 million de tokens, que Google qualifie de meilleure du secteur. Elle s'accompagne d'un nouveau « protocole de continuation », décrit dans la documentation.
Des performances annoncées par Google
Google affirme qu'Argon surpasse GPT-6 Astra, Claude Fable 5.1 et Claude Opus 5.5 sur des tests de code, de cybersécurité, de sciences, de finance et de droit. Il revendique la première place de l'indice Vals. Sur DeepSWE v1.1, test de génie logiciel de longue haleine, SiliconANGLE rapporte 77,9 % pour Argon contre 74,2 % pour Claude Opus 5.5, GPT-6 Astra se situant un dixième de point derrière.
Les exemples internes sont nombreux. Selon Google, Argon dans Antigravity a fait progresser de plus de 35 % les soumissions de code agentiques et réduit de près d'un tiers les retours en arrière. Il a aidé à remanier un dossier de 6 millions de lignes dans Chromium, et accéléré de 2,85 fois l'inférence du modèle ouvert Gemma. Côté YouTube, Ars Technica relate que la suppression d'un rendu d'émojis redondant a réduit de 45 % la charge serveur ; The Verge parle de moitié moins de puissance de calcul. Le même article indique qu'Argon a trouvé dans le simulateur de drones de Wing des bogues présents depuis 2018.
Google met aussi en avant la science : conjecture de Grad sur les stellarators, conception d'enzymes validée en laboratoire, analyse de génomes de nouveau-nés. En robotique, il annonce 87 % au test ERQA de raisonnement spatial, selon l'article dédié. Dix mille scientifiques peuvent demander six mois d'accès gratuit au palier maximal d'Antigravity.
Ces chiffres viennent de Google ; Ars Technica note que rien n'a changé dans les capacités depuis les benchmarks publiés fin septembre.
Sécurité
Google présente sa pile de sécurité comme la plus complète à ce jour. Un moniteur automatisé lit le raisonnement de l'agent pour bloquer les contournements non autorisés ; les tentatives de raccourci tombent à 2 % sur les tests de code. Contre l'injection de prompt, Google annonce 0,7 % de réussite d'attaque sur le test Gray Swan. Ars Technica résume le dispositif : le modèle est entraîné à refuser les consignes malveillantes, et Google le juge nécessaire vu ses capacités.
Le contexte concurrentiel pèse. « Le modèle arrive un jour après l'annonce par Meta de Muse Wonder Full », observe The Verge, qui voit dans Argon la preuve que la frontière n'est pas une course à deux. Google annonce déjà que d'autres modèles de la famille Gemini 4 suivront, sans calendrier.
Sources
- Google finally releases Gemini 4 Argon — The Verge
- Gemini 4 Argon: Built to solve your hardest problems — Google
- Gemini 4 Argon begins rolling out in Gemini app and Antigravity, but only if you pay — Ars Technica
- Gemini 4 Argon for Robotics — Google Developers Blog
- Gemini 4 Argon reaches Gemini app Pro and Ultra subscribers alongside a new tasks mode - SiliconANGLE — SiliconANGLE