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Frigos piratés : des centaines de supermarchés français jettent leurs stocks

Dans la nuit de dimanche à lundi, des pirates ont détourné le dégivrage de régulateurs frigorifiques Danfoss. Des centaines de magasins ont perdu leurs produits frais et surgelés, pour un coût qui pourrait atteindre plusieurs millions d'euros.

· 742 mots · Rédigé par une IA

Dans la nuit du dimanche 11 au lundi 12 octobre 2026, une cyberattaque a touché les systèmes de régulation du froid du fabricant danois Danfoss dans des centaines de supermarchés français. Les pirates auraient forcé les meubles frigorifiques à chauffer, ce qui a obligé les enseignes à détruire des stocks de produits frais et surgelés. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.

Un dégivrage détourné

Selon BFM Business, les attaquants ont détourné une fonction censée protéger les installations : le dégivrage automatique. Ce cycle dure normalement deux heures sur 24. Il aurait été transformé en dégivrage forcé et continu, avec une consigne à 50 degrés. Au matin, « une vague de chaleur s'est échappée » à l'ouverture des meubles, raconte une source du secteur citée par le média. La BBC rapporte de petits départs de feu par endroits, et l'AFP indique que le parquet de Paris a évoqué des incendies.

L'ampleur des dégâts dépend de l'heure de l'attaque. Dans certains magasins, elle aurait commencé vers minuit et tout le stock concerné a été perdu. Ailleurs, touchés plus tard, les salariés ont sauvé une partie des produits frais. Intermarché indique que ses équipements ont chauffé à 50 °C pendant six heures et que tous les produits affectés ont été jetés, d'après Reuters cité par la BBC.

Des bilans qui varient selon les enseignes

Les chiffres restent partiels et divergent. Le groupe des Mousquetaires a annoncé à BFM Business 300 magasins Intermarché et Netto touchés, soit le double de la première estimation. La BBC mentionne pour sa part 180 magasins touchés et une centaine d'autres déconnectés d'internet par précaution. Coopérative U évoque « moins d'une centaine » de magasins selon BFM Business, plus de 100 selon l'AFP. Plusieurs magasins Leclerc sont concernés.

Carrefour dit avoir eu 80 magasins piratés sur 6 000, et Monoprix 5 % de ses plus de 400 points de vente, d'après la BBC. L'AFP précise toutefois que, selon un site spécialisé, ces deux enseignes étaient touchées mais n'avaient pas encore confirmé. Metro et des commerces indépendants, comme des boucheries, pourraient aussi l'être. Au total, la BBC estime à environ 400 les magasins affectés sur quelque 15 000 en France, en précisant que l'étendue réelle reste inconnue.

Sur le plan financier, BFM Business cite en Alsace deux cas lourds. À Haguenau (Bas-Rhin), l'Intermarché aurait perdu tout son stock de surgelés, soit 50 000 euros ; le Leclerc de la même ville est concerné mais n'a pas chiffré ses dégâts. À Wasselonne, un autre Leclerc aurait jeté surgelés et produits frais, pour 220 000 euros. La chaîne télévisée et la BBC évoquent ainsi 270 000 euros de pertes pour deux supermarchés de la région, mais leur description des magasins diffère. Une source du secteur parle de plusieurs millions d'euros au niveau national.

Des modèles anciens en cause

Danfoss affirme que la plupart des équipements touchés sont des produits « anciens » qui « ne reçoivent plus de mises à jour logicielles ni de sécurité » (traduction), selon l'AFP. Le groupe cite notamment les régulateurs AK-SM800 et AK-SC355, dont une version du premier fonctionnait avec un micrologiciel obsolète. Il assure avoir longtemps conseillé de migrer. BFM Business parle de versions du logiciel antérieures à la version 4. Danfoss ne donne aucun chiffre sur le nombre de systèmes concernés.

Côté politique, le commissaire européen Christophe Hansen a condamné l'attaque sur X : « La sécurité alimentaire demande plus d'attention à tous les niveaux. Parce que l'instrumentalisation de la nourriture est devenue une réalité » (traduction), cité par la BBC. Selon BFM Business, le dirigeant de Coopérative U a jugé l'attaque d'une « extrême gravité » et inédite.

Enquête et réponse coordonnée

Saisie par le Premier ministre, l'ANSSI a identifié une vulnérabilité dans un logiciel d'une société danoise et contacté l'éditeur. Elle est en lien avec ses homologues européens, car d'autres pays pourraient être touchés, et cherche à repérer les autres entreprises françaises concernées pour les alerter. Une réunion de crise réunissait lundi à 11 heures plusieurs prestataires du froid, dont Axima, et Danfoss.

Un lien avec les Pays-Bas ?

Aux Pays-Bas, un incident a touché Albert Heijn, Etos et Gall & Gall : sites web coupés, étiquettes électroniques de rayon perturbées, selon Tom's Hardware, qui cite le média néerlandais NOS. Ahold Delhaize, maison mère, a confirmé le 12 octobre un problème de sécurité sur son réseau et la mise hors ligne de certains systèmes, dans un communiqué qui précise que les magasins restent ouverts. Rien ne permet à ce stade de relier les deux événements, et leurs auteurs n'ont pas été identifiés.

Sources

cyberattaque Danfoss supermarchés ANSSI